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Premiers prix du concours des Palmes Académiques pour nos élèves de 3EME et 4EME !

Par Pierre Lavest, publié le mardi 3 avril 2018 08:08 - Mis à jour le vendredi 1 juin 2018 13:37
Palmes académiques
Un éloge pour Madame Simone Veil, une réflexion sur le chemin de l'école et un poème sur l'amour. Un beau programme que nos élèves ont travaillé avec succès ! Bravo aux lauréates et à leur professeure Frédérique DARAM !

       Pour l'entrée au Panthéon de Madame Simone Veil

 

                                                                                                           A Montastruc-la-Conseillère, le jeudi 30 novembre 2017

 

                                                      Monsieur le Président,

 

          Je me permets de vous adresser cette lettre afin de vous faire part de mon dévouement à ce que Madame Simone Veil, femme illustre, soit panthéonisée. Avant toute chose, laissez-moi vous présenter la cause de cette démarche. Je suis une élève de 3eme et j’ai été amenée à lire Une vie, ouvrage poignant de Madame Veil. C’est en apprenant qui elle était, ce qu’elle avait accompli et la ferveur dont elle a fait preuve que j’ai pris conscience de la grandeur de cette femme. Son parcours m’a énormément marquée et je prends ce projet particulièrement à cœur.

 

          Pour commencer, je vais vous présenter sa vie en quelques mots car je me doute que vous la connaissez certainement mieux que moi, mais ce que je souhaite surtout c’est vous prouver qu’elle n’a pas seulement marqué son temps mais qu’elle a aussi instruit les générations futures. Née le 13 juillet 1927 à Nice dans une famille juive non pratiquante, Simone Veil eut une enfance normale jusqu’à ses seize ans. En effet, c’est en mars 1944 qu’elle fut arrêtée et envoyée à Auschwitz. C’est alors que l’horreur commença pour elle ainsi que pour des millions de juifs innocents, simplement « victimes » de leur religion. Elle a passé un an là-bas, un an dans une véritable usine de la mort. Le froid, les coups, la ségrégation, les chambres à gaz, les fours crématoires. A travers son livre, elle évoque la « déshumanisation », « l’humiliation », elle dit avoir été considérée comme « un animal tatoué ». Ils y ont vécu l’horreur et pourtant, elle reste humble et neutre dans ses propos afin de nous laisser croire en ce que l’on veut et nous laisser construire notre propre avis sur les « preuves » et sur le témoignage qu’elle nous laisse finalement pour nous instruire. Je suis certaine que ses témoignages ont marqué plus d’une personne, pas uniquement par les sévices vécus mais par la raison et la maturité qu’elle nous transmet ; car Simone Veil ce n’est pas que la Shoah.

 

          A son retour en France, en mai 1945, après avoir perdu sa mère, elle défendra toujours l’idée qu’il ne faut rien oublier et qu’il faut en parler.  Elle nous dit « il ne s’agit pas d’une image mais bien d’une réalité »,  « il n’y a pas un jour où nous ne pensons pas à la Shoah ». Elle a affronté le regard des autres et a toujours défendu ses idées. La Shoah n’est seulement qu’une partie de sa vie. Cette femme s’est battue pour être indépendante et ne pas dépendre des autres. Ses valeurs féministes qui lui ont été transmises par sa mère Madame Yvonne Steinmetz l’ont poussée à faire de grandes études. Femme brillante, elle a passé le concours de la magistrature, licenciée en droit, diplômée de Sciences Politiques elle est nommée ministre de la santé par Monsieur Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Le but étant de faire passer une loi sur l’interruption volontaire de la grossesse qui dépénaliserait l’avortement. Grâce à elle, la France a été changée, des milliers de femmes « sauvées », alors que plus de trois mille avortements clandestins avaient été réalisés en 1974. Elle a défendu son idée avec brio devant une majorité d’hommes. La loi entra en vigueur le 17 janvier 1975. Je me permets de souligner que Madame Veil a toute ma reconnaissance pour son courage et pour l’exemple qu’elle donne aux femmes. Grâce à la loi Veil, la France a fait un énorme progrès. Lors de son discours au parlement elle dit une phrase qui a retenu mon attention, « aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement ». S’il y a bien une chose que je retiens d’elle, c’est sa façon claire de convaincre la foule.

 

         Elle ne s’est pas arrêtée là, puisqu’en 1979 elle fut députée européenne puis présidente du parlement européen. En mars 1998 elle devient membre du conseil constitutionnel et en octobre 2007 membre de l’académie française. Elle meurt le 30 juin 2017 à Paris.

 

          Pour toutes ces raisons, Monsieur le Président, pour toutes ces personnes dont elle a changé la vie, pour les générations futures à qui elle a  donné envie de se battre, pour les collégiens et collégiennes comme moi à qui elle a prouvé de si belles choses, cette femme mérite toute notre reconnaissance. Les combats qu’elle a menés en tant que femme sont exemplaires. Le Panthéon n’est-il pas un lieu ayant pour vocation d’honorer de grands personnages qui ont marqué l’histoire de la France ? Elle mérite qu’on se souvienne de ce qu’elle a fait et de tout ce qui, grâce à elle, n’arrivera sûrement plus. Je vous le dis aujourd’hui, cette femme m’a apporté force et conviction.

Avec mes respectueux hommages, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.

 

                                                                                                                                                                          Gaïa Delpech

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